Au 21ème siècle, le progrès sera axé sur le développement durable. L’énergie et les matières premières seront utilisées avec parcimonie. La voiture de demain sera par conséquent conçue de manière à ne générer qu’un minimum de déchets lors de sa démolition. Certaines pièces pourront, après inspection minutieuse, être réutilisées pour des réparations. D’autres matériaux seront récupérés en vue de leur recyclage en nouvelles pièces automobiles ou en nouveaux produits. Une troisième fraction pourra être utilisée en tant que combustible secondaire en remplacement du mazout ou du gaz naturel. Presque plus rien ne finira à la décharge ou dans l’incinérateur.
L’évolution au cours des dernières décennies
La voiture est un produit qui est traditionnellement recyclé en grande partie. Une voiture moyenne des années ’80, qui arrive aujourd’hui chez le démolisseur, contient environ 75% de métaux; principalement du fer et de l’acier, mais aussi différents métaux non ferreux comme le cuivre et l’aluminium. Cette fraction métallique est intégralement recyclée et de la ferraille naît à nouveau de l’acier. La part de déchets provenant des épaves de véhicules s’élève de la sorte à 0,2% seulement de l’ensemble des déchets générés dans l’Union européenne.
Les modèles les plus récents contiennent cependant une part de plus en plus grande de matières plastiques. Du fait de leur faible poids, elles constituent en effet un allié des constructeurs dans leur lutte pour réduire la consommation. Les exigences de sécurité relatives au revêtement intérieur, aux normes de bruit et de confort font que les voitures comportent de plus en plus de telles matières. Cette tendance est très certainement appelée à s’intensifier dans le futur. Pour éviter que cela ne mène à une accumulation de déchets, FEBIAC, en tant que représentant des constructeurs en Belgique, a fourni au cours de ces dernières années des efforts considérables pour tenter de trouver une solution. Ces efforts ont abouti, le 30 mars 1999, à la signature des conventions environnementales entre les 3 Régions, FEBIAC et 12 autres fédérations professionnelles concernées par cette problématique. Ces accords stipulent que, d’ici 2005, 85% du poids de l’ensemble des épaves de véhicules doit être valorisé, dont 80% par recyclage ou réutilisation. Ils prévoient, à partir du 1.7.1999, une obligation de reprise gratuite des voitures et camionnettes pour chaque vendeur final. Lorsqu’un client achète chez celui-ci un véhicule du même genre, le vendeur est tenu de reprendre l’ancien sans lui compter de frais. L’application des accords prévoyait la création, par les secteurs industriels concernés, d’un organisme de gestion chargé de contrôler la réalisation des objectifs fixés et de faire rapport chaque année aux Régions. Le 15 juin 99, l'A.S.B.L. FEBELAUTO a ainsi vu le jour.
Que nous réserve l’avenir ?
La stricte et rapide application des accords prouve que l’industrie automobile, dont FEBIAC est l'interprète, recherche activement des solutions durables afin de réduire de 40% –en l’espace de 5 ans– la quantité de déchets issus des véhicules hors d’usage. L'objectif est, d’ici 2015, de ne plus déverser ou incinérer sans récupération d’énergie que 5% en moyenne du poids d’une épave de voiture. Pour pouvoir atteindre ce résultat, il faut, dès la phase de conception, attacher la plus grande importance à l’aspect préventif. Lors du choix des matériaux, les possibilités de recyclage doivent faire partie intégrante du cahier des charges. Il est par ailleurs essentiel de limiter la diversité des matériaux utilisés. C'est en effet un non-sens économique de démonter un nombre important de petites pièces en vue du recyclage.
Seule la récupération de grands éléments constitués d’un même matériau peut s'avérer rentable. La technique d’assemblage est également très importante pour la facilité du démontage ultérieur. Lorsqu'il est possible de ne pas recourir à des (en)collages, on préfère des systèmes à 'clips' qui peuvent être détachés facilement.
Dans un proche avenir, on fera de plus en plus appel à des matériaux recyclés pour la construction de voitures neuves. Il en est déjà ainsi depuis très longtemps pour les métaux. Les matières plastiques serviront elles aussi à fabriquer de nouveaux produits tels que pare-chocs, tapis, matériaux isolants, logements de filtre à air et de batterie, etc.
Pour faciliter la tâche de l’industrie du recyclage et des entreprises de démolition, les éléments en matières plastiques sont marqués et des manuels digitaux de démontage sont prévus.
Il est en outre d’une importance capitale que les secteurs de la transformation et du retraitement, les démolisseurs et les entreprises de broyage développent des solutions créatives en vue de la valorisation des épaves de véhicules. Leur contribution est essentielle pour atteindre les objectifs fixés. De nouvelles techniques de séparation des résidus de broyage existent déjà au stade expérimental mais doivent absolument être perfectionnées. Les transformateurs de matériaux recyclés doivent eux aussi poursuivre sans tarder leurs efforts de recherche afin d’offrir de nouveaux débouchés pour les matériaux recyclés.
Les derniers partenaires, mais non les moindres, dans la problématique complexe du recyclage de véhicules, sont les Régions. Il leur appartient de mettre en place un cadre juridique adéquat, en veillant à ce que les responsabilités soient partagées équitablement. Lors de la détermination des objectifs, une analyse du cycle de vie complet doit avoir lieu et aucun obstacle à l’introduction de matériaux composites légers ne peut être créé. Il faut en outre élaborer un système de contrôle efficace. Celui-ci doit réprimer la concurrence déloyale et empêcher que des épaves de véhicules ne traînent un peu partout, polluant ainsi notre environnement.
