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LIMITATIONS DE VITESSE : EGALEMENT UNE QUESTION DE CREDIBILITE

Tout comme des vitesses inadaptées, il existe également des limitations de vitesse inadéquates. Le fait que de nombreux automobilistes adoptent une vitesse supérieure à la limite imposée sur une route ou un tronçon de route donné peut vouloir dire que cette limitation ne concorde pas avec la vitesse de base et l'aménagement de la route et est donc intuitivement jugée incorrecte par les conducteurs. Ou la plupart des automobilistes sont-ils des fous du volant, comme pourraient le penser certains? Nous partons en tout cas du principe que bien des gens font preuve d'une solide dose de 'bon sens' au volant de leur véhicule.

Tout le monde connaît des endroits où l'on a instauré un régime de vitesse inférieur à ce que suggèrent l'agencement de la route et ses abords. La vitesse autorisée est jugée trop lente et ne correspond pas au sentiment de confort et de sécurité de l'usager de la route. L'inverse est vrai aussi : en zone rurale, il arrive qu'une route étroite et sinueuse où l'on peut rouler à 90 km/h débouche sur une route droite et plus large où l'on impose une limite de 70 km/h ou même 50 km/h.

Les photos montrent en tous les cas que la route n'est pas adaptée au régime de vitesse instauré. Est-il donc surprenant que certaines mesures visant à réduite la vitesse donnent à l'usager de la route l'impression qu'elles sont tout à fait arbitraires? De plus, il semble être aujourd'hui 'à la mode' de ralentir le trafic, sans tenir compte du paysage routier. Prenons-nous encore la peine de nous demander si le régime de vitesse imposé sur une route donnée implique effectivement un risque d'accident avant de le remettre en question?

Ce ne serait pas la première fois qu'un grave accident de la route survenu à la suite d'une vitesse de conduite de loin supérieure à la limite autorisée est invoqué comme argument pour imposer d'emblée une limitation de vitesse inférieure. Tant qu'il n'est pas démontré qu'un régime de vitesse de 90 km/h sur une route donnée est un important facteur d'accident, une limitation à 70 km/h sera jugée comme peu crédible, certainement si la vitesse effectivement prestée approche les 90 km/h. Si l'on instaure malgré tout un régime de vitesse inférieur, il ne faudra alors pas s'étonner que les gens manifestent une certaine incompréhension si l'on veut procéder sur cette route à des contrôles de vitesse (plus fréquents) ou si l'on veut baisser les seuils de tolérance – '70 km/h, et pas un kilomètre de plus …' – Et, cerise sur le gâteau, si l'on inflige de (plus) sévères amendes aux contrevenants.


Route sans constructions, vitesse de base : 70 km/h, vitesse autorisée:50 km/h.


Vitesse adaptée et inadaptée : où se trouve la limite?

Il existe une recette simple pour vérifier si une limitation de vitesse correspond à la route et à ses environs : la règle V85. Il s'agit de la vitesse qui n'est pas dépassée par 85% des automobilistes sur une route avec une circulation fluide dans des conditions climatiques normales. Cette règle reflète la vitesse jugée par une grande majorité des automobilistes comme étant raisonnable et sûre dans des conditions idéales. Dans la mesure où l'infrastructure ne présente aucun danger apparent ou caché, un régime de vitesse basé sur la vitesse des 85 pour cent (V85) profitera à un trafic fluide et sûr. Cela augmente en effet les chances d'uniformité des vitesses prestées sur cette route : les automobilistes seront moins tentés de coller aux parechocs, de dépasser ou de changer de bande, ce qui réduira les risques de tête-à-queue et de collisions frontales.

En appliquant cette règle, les contrôles peuvent s'axer sur les fanatiques de la vitesse.

Les limitations de vitesse proches de ce qu'indique la règle V85 sont aussi acceptées plus facilement. Elles traduisent le comportement en matière de vitesse de la plupart des gens et indiquent clairement aux chauffards invétérés ce que l'on considère généralement comme une vitesse raisonnable et sûre. L'opposition publique, à la suite de règles de circulation déraisonnables, est aussi moins vive face à une politique policière de maintien.

 
V85? Oui mais …

Evidemment, la règle V85 ne peut s'appliquer tout le temps et partout: elle peut parfois déboucher sur des vitesses qui seront supérieures aux vitesses justifiées. Prenons par exemple les routes régionales sans piste cyclable dégagée ou qui traversent le centre d'un village : la route elle-même se prête parfaitement à une vitesse de 90 km/h, mais la densité des habitations qui la bordent ne le permet pas, à cause des nombreuses traversées. De tels dangers apparents justifient clairement l'instauration d'une vitesse limitée à 70 km/h ou 50 km/h.

 

Route régionale traversant un centre avec constructions, vitesse de base : 90 km/h, aménagement inadapté de la route. Pas d'indication de vitesse explicite.

Il ne suffit toutefois pas de placer tout simplement un panneau 70 ou 50 km/h et de ne pas toucher à l'infrastructure. Dans la pratique, de nombreux usagers de la route adoptent simplement la vitesse du trafic et celle-ci peut être supérieure à la vitesse légalement autorisée.

Ou l'automobiliste surveille la circulation qui l'entoure, de sorte que le panneau indiquant la vitesse échappe à son attention (ce n'est pas une excuse pour rouler plus vite, mais bien un fait dont il faut tenir compte).

De nombreuses situations justifient un aménagement de la route qui indiquera d'emblée clairement ce que l'on attend de la part du conducteur. Avec un aménagement bien structuré, une politique précise en matière de vitesse pourra être comprise et le maintien y afférent deviendra dans ce cas tout à fait crédible.

Afin d'éviter que la politique en matière de vitesse soit laissée au bon vouloir de différents gestionnaires (régionaux), un contrôle uniforme et systématique de tout le réseau routier au niveau (sub-)régional est essentiel. Une catégorisation du réseau routier est une première étape, lors de laquelle un régime de vitesse est attribué à chaque route (50-90-120 km/h est la règle, 30-70 km/h l'exception). L'instauration de régimes de vitesse doit néanmoins tenir également compte de la situation et se faire en accord avec les gestionnaires locaux, puisqu'ils connaissent mieux que quiconque les caractéristiques locales et les problèmes du réseau routier sur leur territoire. De plus, des dérogations doivent rester possible, par exemple l'instauration d'un régime de vitesse différencié par route ou si l'application de la règle V85 indique une vitesse proche d'une vitesse autre que le régime choisi. Sinon, la route et ses environs doivent être (ré)aménagés, afin que le paysage routier corresponde à la vitesse souhaitée.

Il est préférable d'entamer le contrôle et l'agencement ou réagencement des routes à des endroits connaissant une forte concentration d'accidents. La récente décision du Gouvernement flamand de répertorier de tels points 'noirs' et zones sur les routes régionales et de les traiter en priorité est d'ores et déjà un pas dans la bonne direction, du moins si une enquête sur la concordance entre le paysage routier et le régime de vitesse ET l'application de la règle V85 en font partie. Il convient ensuite de s'occuper du contrôle des routes provinciales et communales.

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