Vous êtes ici  ›Home› Publications

LES USAGERS DE LA ROUTE VEULENT DES ALTERNATIVES RÉALISTES EN LIEU ET PLACE D’UNE POLITIQUE 'AUTO-DISSUASIVE' (22/01/2014)

52% estiment toujours la voiture comme le moyen de transport le plus rapide pour se rendre au travail, 35% jugent les transports publics inadéquats


En 2002, 31% des usagers de la route considéraient la voiture comme le moyen de transport le plus rapide pour se rendre au travail. Aujourd’hui, ils sont de l’ordre de 52%. Dans le même temps, 35% des travailleurs estiment que les transports en commun sont inadéquats. En 2002, il ne s’agissait que de 22%. C’est la raison pour laquelle 59% des usagers trouvent qu’il faut avant tout investir dans l’optimisation du réseau routier existant et 53% dans les transports publics.C’est ce qui ressort, entre autres, de la nouvelle enquête mobilité menée auprès de 1.000 Belges.

Les résultats en sont présentés aujourd’hui, en vue des élections à venir. Pour Touring et Febiac, la mobilité reste un des thèmes majeurs. « Nous avons refait une enquête identique à celle que nous avions fait il y a 10 ans de cela, entre autres pour évaluer comment les expériences et problèmes de mobilité de nos concitoyens ont évolué, et surtout quelles solutions sont envisagées. Leurs réponses sont aujourd’hui présentées au monde politique lors d’un débat dans le cadre du Salon de l’Auto ».


Principaux résultats :

  • En général, 58% des Belges utilisent exclusivement la voiture, 17% ne prennent que les transports publics (TP) et pour 9% d’entre eux le deux-roues (motorisé) ou la marche sont le moyen de transport principal ; 17% combinent différents modes de transport.  Lorsque l’on regarde quel moyen de transport est le plus utilisé pour le trajet quotidien principal, la voiture obtient un score encore plus élevé qu’avant : 77% contre 71% en 2002.
  • Tout comme en 2002, l’on se déplace principalement pour se rendre au travail (40%), ensuite pour faire des courses, bien que ce motif recule de 24% à 11%. La part des autres motifs se situe autour des 5%, ce qui rend compte d’un comportement de déplacements diffus et diversifié. Sur base hebdomadaire, le « shopping » est prédominant avec 70% (58% en 2002), suivi par « aller travailler » avec 59%. Les « déplacements loisirs » se situent à la 3ème place ; leur part est passée de 33% à 42%.
  • Avec en moyenne 43,5 km en 58 minutes, le Belge se déplace plus loin (3,4 km) et plus longtemps   (+ 6 min.) qu’il y a 10 ans, sans sacrifier à la vitesse : celle-ci n’a que très légèrement baissé de 46,3 à 45 km/h. Avec une grande exception pour Bruxelles : la distance et le temps moyens de déplacement sont passés de 29 km en 60 min. à 16,2 km en 44 min., un quart de moins qu’en 2002. La vitesse moyenne a ainsi chuté de 29 à 22,2 km/h.
  • Le travail à domicile occasionnel et partiel (max. 2 jours/semaine), tenterait 51% des actifs. Plus qu’en 2002, nos concitoyens  le considèrent  aujourd’hui comme le moyen par excellence – à côté d’horaires flexibles étendus – pour éviter les embouteillages (61% contre 19% en 2002).
  • Pour 52% des répondants, la voiture est le moyen de transport le plus rapide pour se rendre au travail, contre 31% il y a 10 ans. Et ce n’est pas en raison du confort (37% contre 39% en 2002) ou parce que nous aimons rouler en voiture (15% contre 19%) mais peut-être bien parce que les TP sont inadaptés, qu’ils sont considérés comme moins efficients : 35% contre 22% en 2002.
  • Nous sommes aujourd’hui moins enclins à abandonner la voiture bien que les embouteillages augmentent : en 2002, 15% y étaient tout à fait prêts, à l’heure actuelle seuls 8%.


Quelles solutions ?

L’enquête mobilité semble démontrer que le Belge est encore plus attaché à sa voiture et qu’il croit  moins en les TP comme solution aux embouteillages. Comme alternatives à l’auto, les répondants ne voient pas le rétrécissement des routes ou la suppression des places de stationnement ou plus chères comme des solutions. Le citoyen donne la préférence au télétravail (41%), aux parkings de transit (32%), à un budget mobilité (31%), ou à une redevance kilométrique en remplacement des taxes de circulation actuelles. A la question : « à quoi doivent servir les 15 milliards d’euros issus de la fiscalité automobile ? », la préférence est évidente : les usagers veulent en tout premier lieu que leur argent serve à l’optimisation du réseau routier (59%), suivi par une amélioration de la qualité et de la fréquence des TP urbains (53%). Les parkings de transit (45%) scorent particulièrement haut ainsi que l’élargissement du réseau de métro (42%). Les autorités savent ainsi où placer leurs priorités et quelles mesures emportent les suffrages auprès de la population.


Conclusions et recommandations

Febiac et Touring voient dans ces résultats une confirmation de leurs points de vue précédemment exprimés auprès des autorités : « En dépit des investissements massifs dans les TP et des mesures 'auto-dissuasives' menées ces 15 dernières années, nombre d’entre nous préfére la voiture, soit par pure nécessité, soit par résignation ou faute d’un TP efficient, fiable et sûr. Comme solutions, une majorité voit l’amélioration des routes, un TP urbain (principalement métro) amélioré et surtout plus de parkings de transit. Investissons donc dans une infrastructure multimodale et comodale.

La résignation ne peut et ne doit pas être une réponse aux problèmes de circulation croissants, ils coûtent à notre économie et à notre société trop de temps et d'argent. Nous devons agir sur le changement de comportement, et ce, par le biais d’un système de redevance kilométrique. Il ressort d’ores et déjà de l’enquête qu’une redevance kilométrique intelligente remporte l’adhésion, pour autant qu’elle remplace les taxes de circulations existantes. »  Enfin, Febiac et Touring se réjouissent du fait que les employeurs prennent leurs responsabilités : le nombre d’employeurs autorisant le travail à domicile a, en 10 ans, presque doublé, alors qu’une bonne moitié des employés voient le travail partiel à domicile comme LA solution pour éviter les embouteillages. Febiac et Touring plaident dès lors pour la mise en place d’incitants supplémentaires pour les employeurs qui désirent instaurer le (télé)travail à domicile, par exemple par le biais de réductions des cotisations patronales.

Téléchargez les résultats de l'enquête

Twitter