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DES VÉHICULES INTELLIGENTS, SÛRS ET ÉCONOMIQUES (JANVIER 2009)
“Un réseau de transport efficace constitue le moteur de l’économie européenne. Depuis longtemps, la demande de services de transport progresse régulièrement, tant pour les voyageurs que pour les marchandises. L’intensification de l’activité économique aggravera encore les problèmes occasionnés par le transport routier (comme la saturation des grands réseaux routiers et des zones urbaines, les effets négatifs sur l’environnement et la santé publique ainsi que les accidents).
De nouvelles mesures s’imposent
pour résoudre les problèmes, dont l’ampleur ne cesse
de croître.” Telle était la teneur, en 2003, d’une communication (COM (2003) 542) de la Commission
européenne au Parlement européen et au Conseil des
Ministres européens. Cette communication portant sur
les technologies de l’information et des communications pour les véhicules sûrs et intelligents marqua le
début d’un processus long et complexe mais également
intéressant et prometteur. Aujourd’hui, cinq ans plus
tard, des mesures concrètes ont été prises en matière
de recherche, de réglementation et de communication
(sensibilisation), mais les systèmes de transport intelligents (ITS – Intelligent Transport systems) ont encore
bien des écueils à surmonter.
Une coordination au niveau européen
est essentielle
Les besoins de mobilité ne cessent de croître tandis que
la capacité des routes et des autres modes de transport
ne peut s’étendre à l’infini. Les innovations apportées sur
les véhicules intelligents peuvent contribuer grandement
à la fluidification du trafic, à l’amélioration de la sécurité
routière et à la préservation de l’environnement. Ces véhicules sont désormais munis d’'yeux' et d’un 'cerveau'
pour voir et analyser la route avec le conducteur. Selon les
conditions de roulage, ces systèmes de transport intelligents vous informent (en vous suggérant par exemple un
itinéraire alternatif) ou agissent directement (par exemple
en actionnant le dispositif de freinage du véhicule lorsque
le conducteur s’approche d’un danger sans le remarquer).
Les véhicules deviennent des sources d’information ambulantes et iront même, quand le trafic l’exigera, jusqu’à
communiquer avec les infrastructures, voire entre eux.
Dans l’optique de développer une stratégie pour l’étude,
le développement et l’instauration d’ITS à base d’ICT dans
le cadre de la sécurité routière européenne, la Commission
européenne a mis sur pied l’eSafety Working Group.
Cet eSafety Forum, qui réunit 200 entreprises privées et
publiques, dirige différents groupes de travail et assure le
travail préparatif en matière de :
- réglementations et normes
- développement des bases de la sécurité intégrée
- mesures visant à lever les obstacles dans la société et
dans le monde des entreprises.
Des exemples concrets – l’environnement,
la sécurité et la mobilité vont de pair
Le contrôle électronique de la stabilité (également appelé
ESC) a fait l’objet d’une grande attention dans les médias
l’an dernier suite à la campagne ChooseESC ! En conséquence de quoi, la proportion de voitures équipées d’un
tel système a augmenté de 4% en 2007. A présent, une
voiture neuve sur deux possède un ESC en Europe.
Le système d’appel d’urgence eCall arrive prochainement
dans sa phase d’exécution. La commissaire européenne
Viviane Reding estime qu’il sera opérationnel en 2010
dans bon nombre d’Etats membres. Grâce à ce système,
les services d’urgence pourront intervenir beaucoup plus
rapidement en cas d’accident.
Dans un avenir plus lointain, un régulateur de vitesse avec
détection de distance, également appelé ACC (Adaptive
Cruise Control), devrait équiper les véhicules. L’ACC est
un système capable de réguler la vitesse de la voiture
qui en est équipée ainsi que la distance à respecter par
rapport à la voiture qui la précède, le tout sans aucune
forme de communication avec d’autres véhicules.
L’ACC contribue à améliorer la sécurité routière, la fluidification du trafic et la consommation en carburant. Une
écoconduite soutenue par des dispositifs ICT comme l’ACC
garantit, selon la commissaire Reding, une réduction de
30% de la consommation en milieu urbain. Lorsque ce
dispositif pourra être couplé à un système de guidage, les
temps de parcours diminueront jusqu’à 30%.
Les applications de conduite coopérative franchissent un
palier supplémentaire. Leur postulat consiste à ajouter
au radar du système ACC un système de communication
en mesure d’échanger des informations avec d’autres
véhicules ainsi qu’avec les infrastructures routières. Les
véhicules peuvent ainsi se 'voir', se 'suivre' ou éventuellement se transmettre des informations importantes. Ces
données, majoritairement invisibles pour le conducteur,
contribuent à rendre la circulation plus sûre, plus respectueuse de l’environnement et plus fluide.

Une approche intégrale européenne
La Commission européenne a pris une initiative importante en début d’année en déposant sa proposition
COM(2008) 316 relative à la sécurité générale des véhicules à moteur. La CE y propose entre autres de rendre
obligatoires certains systèmes de sécurité 'intelligents' à
bord des véhicules neufs pour en autoriser la commercialisation en Europe. Il est question :
- du contrôle électronique de la stabilité pour tous les
types de véhicules à moteur;
- du système de contrôle de la pression des pneumatiques pour les voitures particulières;
- du système avancé de freinage d’urgence pour les
poids lourds;
- du système de détection de dérive de la trajectoire.
Cette proposition de la Commission est actuellement
débattue au Parlement européen qui devrait, selon toute
vraisemblance, l’approuver vers la mi-2009.
Incertitudes sociales, administratives et
juridiques
Bien que les systèmes susmentionnés soient très prometteurs, il règne toujours un grand flou concernant l’utilisation de systèmes qui interfèrent dans la conduite. Une des
principales questions juridiques porte sur la répartition des
responsabilités entre les conducteurs, les propriétaires de
véhicules, les fabricants, etc. Ce flou, même s’il n’est pas
directement lié à la technologie, peut avoir une influence
considérable sur l’introduction de ces systèmes.
La commissaire Reding reconnaît l’existence de ce problème et prétend que des initiatives supplémentaires de la
CE sont requises pour s’attaquer aux obstacles se dressant
sur leur route en général ainsi qu’à ceux inhérents à la concurrence et aux incitants commerciaux qui s’ensuivront.
FEBIAC souhaite
Qu’aucun règlement national unilatéral ne soit établi à
propos de la construction de véhicules et que la Belgique
participe activement au programme eSafety de l’Union européenne. A savoir
- qu’elle s’implique dans l’élaboration de standards et de normes européens pour les systèmes de communication entre
véhicules et entre les véhicules (V2V) et les infrastructures
(V2I) ;
- qu’elle réserve la bande de fréquence 5,9 GHz aux communications V2V et V2I ;
- qu’elle s’intéresse rapidement à l’infrastructure routière afin
d’en assurer la maintenance et d’y apporter les adaptations
nécessaires compte tenu de la réglementation actuellement en préparation.